08 octobre 2007
Le pavillon des enfants fous - Valérie VALERE
4ème de couverture : A 13 ans, Valérie VALERE a été internée au pavillon des enfants fous d'un grand hôpital parisien. A 15 ans, elle écrit le récit de ce séjour. Son livre n'est pas seulement une vision du monde hospitalier, des traitements pour les malades mentaux, le cri pathétique d'une adolescente de 13 ans qui un jour a refusé toute nourriture : elle prend conscience des raisons profondes qui l'ont amenée au comportement suicidaire qu'est l'anorexie. Et son récit est avant tout l'histoire d'une guérison.
Mon avis : découvert dans le cadre du challenge ABC 2007, c'est un roman poignant racontant le calvaire d'une jeune anorexique.
22 mai 2007
Howard BUTEN - Quand j'avais 5 ans je m'ai tué
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Quatrième de couverture :
Il voulait voir s'envoler les minutes... Gil n'a que huit ans. Mais son petit coeur a déjà connu de bien grands sentiments. Trop grands. Trop forts... A cause de ce qu'il a fait à Jessica, le voici dans une résidence spécialisée. Seul, face à la bêtise des adultes qui transforment ses rêves en symptômes cliniques, et son amour en attentat. Seul dans une forteresse de silence. Qui pourra l'y rechercher ? Une émotion pure, dans une langue merveilleusement préservée.
Je ne sais plus si la critique ci-dessous est de moi ou non... je l'ai récupérée sur mon forum...dans le doute, j'en referai une prochainement pour la remplacer; En attendant, comme j'avais adoré ce livre, je vous la mets quand même :
Gil, huit ans trois-quarts, a été envoyé à la résidence-foyer «Les Pâquerettes». À cause, dit-il en racontant son histoire au petit Carl, de ce qu’il a fait à Jessica, petite fille de son âge qui compte plus que tout dans sa vie et dont il attend désespérément les lettres. Mais son courrier lui est caché par le docteur Névélé qui, mu par de bonnes et sincères raisons, entend ainsi instaurer avec cet enfant hostile un système de punitions / récompenses sans admettre que ses méthodes manquent d’imagination et d’opportunité. C’est ce que tente de lui expliquer l’interne Édouard qui, lui, adopte envers Gil une attitude anti-répressive, toute de compréhension et d’approche psychologique. Entrant dans le jeu de l’enfant, il obtient de lui des résultats fort satisfaisants, par exemple en vainquant sa peur de l’eau. Pour lui, Gil n’a rien à faire là, au sein d’enfants autistes. Ce qu’il vit n’est pas une histoire de folie mais une histoire d’amour, dont il livre les secrets en les écrivant sur le mur de la salle de repos où il aime se retrouver seul. Une suite de retours en arrière nous montre Gil passant des heures devant la maison de Jessica, ou achetant des jouets avec elle. Depuis la mort de son père, elle souffre du fait que les adultes ne prêtent pas attention à sa peine. Gil et Jessica s’aiment au point de se livrer à un rapport physique que la morale sociale leur interdit à leur âge. La mère de Jessica les surprend. Ainsi Gil a-t-il été conduit aux «Pâquerettes» où, depuis, il a appris à se rapprocher de madame Cochrane, qui lui avait d’abord paru dure, tandis qu’Édouard a été renvoyé par le docteur Névélé. Chevauchant, dans ses rêves, son cheval noir Blackie, il finit par apprendre les «règles» de la résidence, ne pensant plus qu’à Jessica, avant, peut-être, de la retrouver plus tard…
10 avril 2007
Torey HAYDEN
L'enfant qui ne pleurait pas, de Torey L. Hayden ![]()
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Le premier livre de Torey Hayden que j’ai lu est « l’enfant qui ne pleurait pas ». c’est l’histoire de Sheila, petite fille de 6 ans qui, un sombre soir d’hiver, a enlevé un bébé de 3 ans et après l’avoir attaché à un arbre, y a mis le feu.
A la suite de ce malheur, la petite arrive dans la classe d’enseignement spécialisé de Torey mais refuse de parler, de rire ou de pleurer. En effet, « si elle ne pleure pas, personne ne peut savoir qu’elle a mal ». Le problème majeur est cependant sa grande violence, vis à vis des autres et vis à vis d’elle-même…
Cependant, petit à petit, Torey l’apprivoise, au sens propre et au sens figuré, le livre « le petit prince », qu’elle lit tous les jours à l’enfant les lie toutes les deux et Sheila se met bientôt dans la peau du renard…
Sheila s’épanouit et revit. Jusqu’au soir où tout bascule de nouveau, à cause d’un oncle pervers ; Sheila est admise à l’hôpital tandis que deux procès sont organisés : l’un pour défendre Sheila contre son oncle et l’autre contre Sheila, afin de l’interner suite à l’agression commise sur le petit garçon de 3 ans.
Cette histoire vraie finit bien ; ainsi que le souligne Torey, ce fut un miracle.
Dans la classe de Sheila, ils ont 6 ou 7 gamins, la plupart autistes ou aveugles, retardés mentaux. Chez tous, sans exception, une humanité bien plus grande que chez les gens dits normaux…
Un récit autobiographique romancé d’une belle qualité, d’autant plus touchant que le lecteur sait que l’histoire est vraie…
Clochette![]()
, de Torey Hayden
(La fille du tigre)![]()
Ce roman, toujours récit autobiographique, est la suite de "L'enfant qui ne pleurait pas". Sheila a grandi et Torey la croise par hasard alors qu'elle a 16 ans.
L'adolescente est devenue une adolescente rebelle, qui ne se souvient pas de l'année qu'elle a vécu dans la classe de Torey. Leur rencontre, bouleversante, va aider Sheila à s'accepter, à accepter l'idée qu'elle doit vivre, qu'elle est libre. En effet, Sheila a lu le livre de Torey lorsqu'il est paru mais n'a pas fait le rapprochement avec elle. Elle ne croit pas qu'elle était surdouée ni qu'elle a le droit de se sortir des "emmerdes" de la vie.
Beaucoup de heurts, beaucoup d'amour également et enfin, la renaissance de Sheila.
Un livre indispensable pour ceux qui se demandent ce qu'est devenue la petite fille. Malheureusement, ce livre n'a été publié en français que chez France Loisirs il y a plusieurs années et il est épuisé. Je le possède en anglais. Heureusement, Torey Hayden utilise un langage simple, celui du coeur, et on s'y retrouve facilement.
Kevin le révolté, de Torey Hayden
Je l'ai lu il y a longtemps et je ne me souviens pas de tout.... je me lance et modifierai ou complèterai plus tard :
c'est l'histoire d'un adolescent perturbé, premier adolescent dont s’occupe Torey, qui a l’habitude des tout petits ; Kevin vit à l'hôpital psychiatrique, sous une table dont il refuse de sortir.
Torey va tout faire pour l'aider ; elle trouvera dans son histoire un passé d’enfant maltraité ainsi qu’une petite sœur battue à mort par le père sous les yeux de Kevin.
En plus de l’histoire de Kevin, on entre aussi dans l’histoire de Torey par l’intermédiaire d’un de ses collègues, homosexuel, qui se suicidera… Un livre différent des précédents, un enfant que Torey a du mal à aimer mais qu’elle réussira à aider pour l’amener au seuil de sa vie d’adulte…
Dans ce livre, on se rend compte plus particulièrement de l'impact qu'ont dans l'avenir les sévices ayant eu lieu dans l'enfance. Ce livre est plutôt violent.
L'enfant au chat, de Torey Hayden![]()
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un enfant a plongé dans l’autisme suite à un choc psychologique. Un psychothérapeute aide à la fois l’enfant et la mère ; l’enfant ne s’exprimant que par l’intermédiaire d’une peluche représentant un chat
cette histoire n'est pas un récit autobiographique.... c'est le deuxième roman de Torey Hayden. Le premier était "la forêt de tournesols".
celui-ci est plus intéressant (à mon goût) car il est dans la lignée des récits auxquels elle nous a habitués..
La fille du tigre, de Torey HAYDEN
je l'ai enfin trouvé en français (sur price Minister : une vraie mine d'or !!!) et je me suis fait un plaisir de le découvrir dans ma langue !
La petite Sheila de "l'enfant qui ne pleurait pas" a continué sa vie suite à son année scolaire dans la classe de l'auteur Torey Hayden. L'enfant de 6 ans est devenue une adolescente rebelle qui a enfoui tout au fond de sa mémoire son passé : elle ne se souvient de rien et Torey a de nouveau du chemin à faire pour la re-découvrir.
un livre émouvant (d'autant plus qu'il raconte une histoire vraie) qui pose la question de savoir si l'on fait du bien aux gens en les sortant de leur "merde" quelque temps dans "couvrir les arrières" de la personne. Sheila est l'exemple type de l'enfant maltraité que l'on sort de la boue mais qui y replonge forcément.... elle réussira à s'en sortir, grâce à Torey mais il lui faudra des années...
une belle histoire au final qui pose les bonnes questions et apporte beaucoup au lecteur.
je le conseille mais n'oubliez pas de lire en premier "l'enfant qui ne pleurait pas" (mais si vous ne pouvez pas, pas de souci : le premier tiers de "la fille du tigre" est le résumé de "l'enfant qui ne pleurait pas"....)

The Tiger's child
Pour tous ceux qui aiment les livres de Torey Hayden et qui voudraient en savoir plus, voici le lien vers son site officiel (en anglais) : http://www.torey-hayden.com/french/index.html
22 janvier 2007
Flora Rheta SCHREIBER
4ème de couverture : Flora Rheta Schreiber, professeur et auteur de nombreux ouvrages scientifiques, a consacré sept années à la rédaction de ce livre. Pendant sept ans en effet, elle a rencontré l’héroïne de ce cas authentique et son médecin, étudié les notes prises au cours de la psychanalyse de Sybil et le journal de la « malade ».
En 1954, Sybil Dorsett appelait à son secours le Dr Cornélia Wilbur, psychiatre new-yorkaise. Depuis sa petite enfance, Sybil était sujette à des « passages à vide » pendant lesquels d’autres personnalités se substituaient à elle : Vicky, jeune fille séduisante et raffinée ; Peggy Lou et son sosie Peggy Ann, gamines capricieuses ; Marcia, femme rêveuse et contemplative ; Vanessa Gail, créature aux attitudes théâtrales, etc. En tout seize personnalités différentes, avec leurs émotions propres et leurs talents respectifs, mais qui, pourtant, n’existaient pas.
Ce n’est qu’après onze ans de psychanalyse, onze ans d’une lutte indécise et périlleuse, que l’héroïne de ce récit – rigoureusement authentique, même s’il se dévore comme un roman – parvient à réintégrer ses seize personnalités en une seule jeune femme, libre et harmonieuse, qui est la Sybil actuelle.
Mon avis : je suis restée plongée dans ce livre pendant 5 jours et c'est extrêmement intéressant. J'avais entendu parler de ce livre il y a quelques années et dans un livre que j'ai lu en 1998 (Joan, autobiographie d'une personnalité multiple", de Lynn Wilson) il était fait mention e ce livre, avec notamment une rencontre entre Lynn Wilson et le Dr Wilbur.... j'ai donc été super contente quand j'ai réussi à me le procurer sur Price Minister !!!
que dire de cette "histoire" ? elle est dramatique car ce sont des conditions terribles qui ont conduit Sybil à se dépersonnaliser... mais en même temps, le lecteur se retrouve à travers toutes ses personnalités et c'est normal puisque une situation donnée provoque l'apparition d'une personnalité, correspondant à un trait de caractère ou une capacité d'appréhender les évènements...
la lecture passe trop vite mais je tiens à dire que cette histoire retranscrit la psychanalyse de la PREMIERE personnalité multiple à avoir été analysée et c'est extrêmement intéressant puisque nous suivons l'évolution et la réintégration des personnalités au fur et à mesure que la thérapie évolue.
Une analyse très complète du pourquoi, du comment, de l'enfance des parents.... c'est un peu compliqué tout de même à suivre mais en même temps, on comprend comment ces gens (personalités multiples) sont largués, complètement à côté e leur vie et de leurs souvenirs, puisque pour eux le temps ne passe pas... c'est au fil des émotions qu'ils apparaissent. De même, c'est très étonnant de les voir agir comme des personnes à part entière. On finit d'ailleurs par oublier complètement qu'il n'y a qu'un corps pour 16 personnalités !
en bref, je vous le conseille.
ps : examinez bien la jaquette de ce livre : cette illustration de Gyula KONKOLY représente tout à fait la jeune Sybil.... vous pouvez voir tous les différents personnages dans ses cheveux et une silhouette en marche....
16 janvier 2007
Alice SEBOLD
La nostalgie de l’ange, de Alice Sebold (08/2003)
Quatrième de couverture : Susie est au paradis. Elle vient d’être violée et assassinée. Or, son aventure ne fait que commencer. Depuis le Ciel, elle observe avec tendresse et ironie ceux qui restent et se déchirent autour de sa mort.
Dans les émissions littéraires où j’ai vu présenter ce livre, j’ai entendu crier au génie, j’ai entendu parler de la vision du paradis d’une fillette, j’ai entendu des libraires parler du paradis spécial de l’adolescente. On parle souvent du meurtrier que la fillette veut faire retrouver.
L’auteur a été violée, à l’âge de 18 ans. Il faut y penser avant de lire ce livre. Parce que cette histoire est la renaissance de l’auteur, elle nous explique par ce récit quels ont été ses piliers de résilience pour renaître à la vie.
Il y d’abord la césure, la cassure dans la chair et dans l’âme de l’enfant violée. Alice Sebold fait mourir son héroïne. Car lorsque cet acte atroce arrive, une part de la personne bafouée meurt et se retire de la vie. Une autre partie de la même personne prend alors le relais, avec ou sans mémoire pour devenir la béquille de l’âme de la personne qui doit vivre avec une blessure qui ne se voit pas, avec sa vie en morceaux, comme les morceaux du corps de l’enfant du livre.
Alors, pour la victime qui au fond d’elle est comme morte commence un long combat, combat duquel sont exclus tous les autres, famille ou amis car personne ne peut comprendre. C’est pour ça que Susie voit sa famille pendant des années. Puis, vient le moment où l’on peut en parler, où la victime peut aller à la rencontre de ses sœurs de malheur, en association ou groupe de parole ; dans le livre, pour Susie c’est le moment où elle retrouve les autres victimes.
Mais pendant tout ce temps, toute cette évolution, on reste à l’âge où on a été cassée, c’est pour ça que son paradis ne change pas, malgré les années qui passent.
Puis un jour, si on a reçu de l’amour ou de la tendresse ou si on rencontre ou a rencontré une personne qui nous a donné, on se sert de cette force pour se reconstruire : c’est le lien entre Susie et son amie « médium ».
Et un jour, on revient à la vie (lorsque Susie « emprunte » le corps de son amie) et on apprend à vivre dans le bonheur ce qui nous a cassé un jour autrefois.
Un jour on est suffisamment guérie pour pouvoir vivre et laisser dans un coin le passé assassin, grâce à la résilience, grâce aux oxymorons qui ont construit notre personnalité et on se réunit, on n’est plus deux, on est une seule dans son corps, on est une survivante. C’est pour ça que la famille de Susie cesse de penser à elle, que son paradis change et qu’elle part pour l’avenir.
J’en ai assez d’entendre les lecteurs et les autres dire que c'est « la vision du paradis d’une adolescente…etc, etc)
NON, c’est une renaissance, à lire et relire pour accepter de revivre, pour comprendre qu’une partie de nous meurt à chaque saloperie de la vie mais que l’autre partie de nous survit et peut prendre le dessus.
Ce n’est pas un livre triste, c’est un livre symbolique, qui fait mal. Mal à qui ? aux mères ? aux parents ? aux lecteurs ? et les victimes ?
Moi j’ai compris qu’il y avait une sortie, une issue.
Alice Sebold, autre victime, a écrit ce livre pour nous faire comprendre qu’on s’en sort, quand même.
Encore faut-il que l’on entende son cri.

