au fil des mots

un peu de tout à travers les livres et le reste

03 novembre 2008

Jean-Marie Gustave Le Clezio - Prix NOBEL 2008

Le prix Nobel de Littérature 2008 a été attribué jeudi 9 octobre 2008 à l'écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clézio a annoncé l'Academie suédoise.

L'Académie a fait ce choix d'un "écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante".

J.M.G. Le Clézio, 68 ans, recevra un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros) le 10 décembre 2008 à Stockholm.

Jean-Marie Gustave Le Clézio est né à Nice le 13 avril 1940 ; il est originaire d'une famille de Bretagne émigrée à l'Île Maurice au XVIIIe siècle. Il a poursuivi des études au Collège littéraire universitaire de Nice et est docteur en lettres. J.M.G. Le Clézio n'a jamais cessé d'écrire depuis l'âge de sept ou huit ans : poèmes, contes, récits, nouvelles, dont aucun n'avait été publié avant Le procés verbal, son premier roman paru en septembre 1963 et qui obtint le prix Renaudot. Son œuvre compte aujourd'hui une vingtaine de volumes. En 1980, il a reçu le Grand Prix Paul Morand décerné par l'Académie française pour son roman Désert.

Prix récompensant l'ensemble de son oeuvre
1972 Prix Valery Larbaud
1980 Grand Prix de Littérature Paul Morand
1997 Grand Prix Jean Giono
1998 Prix Littéraire de la Fondation Prince Pierre de Monaco
2008 Prix Nobel

Prix attribués à une oeuvre particulière
1963 Prix Renaudot
Le Procès-verbal (Gallimard)

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22 octobre 2007

Doris LESSING - Prix NOBEL 2007

Doris Lessing prix Nobel de littérature 2007

L'Académie suédoise a choisi de récompenser "la conteuse épique de l'expérience féminine, qui avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire scrute une civilisation divisée".

La romancière, Doris Lessing, Prix Nobel de littérature 2007

L a romancière britannique Doris Lessing, qui va fêter ses 88 ans le 22 octobre prochain, a reçu jeudi le Prix Nobel de littérature. Le comité a choisi de récompenser "la conteuse épique de l'expérience féminine, qui avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire scrute une civilisation divisée", a indiqué dans un communiqué l'Académie suédoise pour expliquer son choix. Grande figure du féminisme, Doris Lessing est notamment célèbre pour son livre "The Golden Notebook" (1962), publié en France sous le titre "Le carnet d'or" en 1976.

La onzième femme lauréate

Doris Lessing, qui aura 88 ans le 22 octobre prochain, a été récompensée par le comité Nobel jeudi (11 octobre) et succède ainsi au palmarès au romancier turc Orhan Pamuk. Le comité Nobel a choisi de récompenser "la conteuse épique de l'expérience féminine, qui avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire scrute une civilisation divisée", a indiqué dans un communiqué l'Académie suédoise pour expliquer son choix.

Le Nobel de littérature est doté comme les autres prix Nobel de 10 millions de couronnes suédoises (environ 1,08 million d'euros) et sera remis le 10 décembre à Stockholm. Doris Lessing est la onzième femme lauréate du Prix Nobel de littérature depuis 1901, date de sa première attribution. Par une heureuse coïncidence, son prochain livre, "Un enfant de l'amour" (Flammarion), sort la semaine prochaine...

De Doris LESSING, je n'ai lu que "Les chats en particulier". j'en ai gardé un bon souvenir. Voici la jaquette et le résumé :

Les chats en particulier

de Doris Lessing chez Albin Michel Doris Lessing nous raconte, dans Les chats en particulier, deux chattes, la grise et la noire, deux carac­tères inconciliables, deux' rivales qui ont vécu sous son toit. La célèbre romancière a su rendre magnifiquement la complexité de leurs rapports : entre elles, avec les autres chats, comme de leurs relations avec les humains. Elle déchiffre le sens caché de leurs comportements ;leurs pantomimes d'offrande ou de refus, de coquetterie ou de blâme, de volonté de puissance. Elle découvre des équivalences humaines à leur émotivité, sans oublier de tenir compte de ce qui revient à l'instinct, à l'hérédité ancestrale. Doris Lessing nous plonge dans l'univers subtil et si captivant des chats, et même ceux qui préfèrent les chiens adoreront ce livre. Un livre très attachant. A noter qu’en Octobre 2007 Doris Lessing, âgée de 87 ans, s’est vue attribuer le prix Nobel de littérature.

Les chats en particulier

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03 juin 2007

Liste des prix NOBEL

Voici la liste des prix NOBEL, si vous avez besoin d'info sur un de ces auteurs, vous pouvez aller regarder sur mon forum en cliquant sur ce lien Les Nobel ; vous y trouverez une discussion par auteur et pour certains des critiques sur leurs oeuvres. Vous les trouverez également ci-après (Mise à jour en cours)

  • 1901 : René Sully Prudhomme France
  • 1902 : Theodor Mommsen Allemagne
  • 1903 : Bjornstjerne Bjornson Norvège
  • 1904 : Frédéric Mistral France ; José Echegaray Espagne
  • 1905 : Henrik Sienkiewicz Pologne
  • 1906 : Giosuè Carducci Italie
  • 1907 : Rudyard Kipling Grande-Bretagne
  • 1908 : R. Eucken Allemagne
  • 1909 : Selma Lagerlöf Suède
  • 1910 : P. von Heyse Allemagne
  • 1911 : Maurice Maeterlinck Belgique
  • 1912 : Gerhart Hauptmann Allemagne
  • 1913 : Rabidranath Tagore Inde
  • 1914 : non décerné
  • 1915 : Romain Rolland France
  • 1916 : V. von Heindestam Suède
  • 1917 : Karl Gjellerup Danemark ; Henrik Pontoppidan Danemark
  • 1918 : non décerné
  • 1919 : Carl Spitteler Suisse
  • 1920 : Knut Hamsun Norvège
  • 1921 : Anatole France France
  • 1922 : Jacinto Benavente Espagne
  • 1923 : William Butler Yeats Irlande
  • 1924 : Wladyslaw Reymont Pologne
  • 1925 : George Bernard Shaw Grande-Bretagne
  • 1926 : G. Deledda Italie
  • 1927 : Henri Bergson France
  • 1928 : Sindgrid Undset Norvège
  • 1929 : Thomas Mann Allemagne
  • 1930 : Sinclair Lewis Etats-Unis
  • 1931 : Erik Axel Karlfeldt Suède
  • 1932 : John Galsworthy Grande-Bretagne
  • 1933 : Ivan Alexseievitch Bounine URSS
  • 1934 : Luigi Pirandello Italie
  • 1935 : non décerné
  • 1936 : Eugene O'Neill Etats-Unis
  • 1937 : Roger Martin Du Gard France
  • 1938 : Pearl Buck Etats-Unis
  • 1939 : Frans Emil Sillanpää Finlande
  • 1940 : non décerné
  • 1941 : non décerné
  • 1942 : non décerné
  • 1943 : non décerné
  • 1944 : Johannes Vilhem Jensen Danemark
  • 1945 : Gabriela Mistral Chili
  • 1946 : Hermann Hesse Suisse
  • 1947 : André Gide France
  • 1948 : Thomas Stearns Eliot Grande-Bretagne
  • 1949 : William Faulkner Etats-Unis
  • 1950 : Bertrand Russel Grande-Bretagne
  • 1951 : Par Lagerkvist Suède
  • 1952 : François Mauriac France
  • 1953 : William Churchill Grande-Bretagne
  • 1954 : Ernest Hemingway Etats-Unis
  • 1955 : Halldor Laxness Islande
  • 1956 : Juan Ramon Jimenez Espagne
  • 1957 : Albert Camus France   
  • 1958 : Boris Pasternak URSS (refusé)
  • 1959 : Salvatore Quasimodo Italie
  • 1960 : Saint-John Perse France
  • 1961 : Ivo Andric Yougoslavie
  • 1962 : John Steinbeck Etats-Unis
  • 1963 : Georges Séféris Grèce
  • 1964 : Jean-Paul Sartre France (refusé) 
  • 1965 : Mikhail Aleksandrovitch Cholokhov URSS
  • 1966 : Samuel Joseph Agnon Israël ; Nelly Sachs Suède
  • 1967 : Miguel Angel Asturias Guatemala
  • 1968 : Yasunari Kawabata Japon
  • 1969 : Samuel Beckett Irlande
  • 1970 : Alexandre Soljenitsyne URSS
  • 1971 : Pablo Neruda Chili
  • 1972 : Henrich Böll RFA
  • 1973 : Patrick White Australie
  • 1974 : E. Johnson Suède ; Harry Martinson Suède
  • 1975 : Eugène Montale Italie
  • 1976 : Saül Bellow Etats-Unis
  • 1977 : Vicente Aleixandre Espagne
  • 1978 : Issac Bashevis Singer Etats-Unis
  • 1979 : Odysseus Elytis Grèce
  • 1980 : Ceslaw Milosz Pologne
  • 1981 : Elias Canetti Grande-Bretagne
  • 1982 : Gabriel Garcia Marquez Colombie
  • 1983 : William Golding Grande-Bretagne
  • 1984 : Jaroslav Seifert Tchécoslovaquie
  • 1985 : Claude Simon France
  • 1986 : Wole Soyinka Nigéria
  • 1987 : Joseph Brodsky Etats-Unis
  • 1988 : Naguib Mahfouz Egypte
  • 1989 : Camillo José Cela Espagne
  • 1990 : Octavio Paz Mexique
  • 1991 : Nadine Gordimer Afrique du Sud
  • 1992 : Derek Walcott Sainte-Lucie
  • 1993 : Toni Morrison Etats-Unis
  • 1994 : Oe Kenzaburo Japon
  • 1995 : Seamus Heaney Irlande
  • 1996 : Wislawa Szymborska Pologne
  • 1997 : Dario Fo Italie
  • 1998 : José Saramago Portugal
  • 1999 : Gunter Grass Allemagne
  • 2000 : Gao Xingjian France
  • 2001 : V. S. Naipaul Grande-Bretagne
  • 2002 : Imre Kertész Hongrie
  • 2003 : John Mazwell Coetzee Afrique du Sud
  • 2004 : Elfriede Jelinek Autriche
  • 2005 : Harold Pinter Grande-Bretagne
  • 2006 : Orhan Pamuk
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    Prix NOBEL 2006 - Orhan PAMUK

    Pamuk, Ohran, (1952- ), écrivain turc, lauréat du prix Nobel de littérature en 2006.

    Né à Istanbul dans une famille bourgeoise et francophile, Ohran Pamuk effectue sa scolarité dans un lycée américain renommé de la ville tout en rêvant de devenir peintre, puis commence des études d’architecture par « fidélité familiale » (ses deux grands-pères étaient ingénieurs des chemins de fer). Il abandonne ce cursus au bout de trois ans pour passer le diplôme de journaliste.

    Une fois son diplôme obtenu, il s’enferme dans l’appartement familial pour se consacrer uniquement à l’écriture. Invité comme boursier à l’université Columbia, il passe trois ans à New York de 1985 à 1988. Revenu à Istanbul, installé dans un appartement surplombant le détroit du Bosphore, il consacre dix heures par jour à son travail d’écriture. En 2006, son œuvre est récompensée par le prix Nobel de littérature.

    Le premier roman d’Ohran Pamuk, Cevdet Bey et ses fils (Cevdet Bey ve Oðullarý, 1982), évoque, à la manière d’un Thomas Mann, l’évolution d’une famille sur trois générations, et le passage d’un mode de vie traditionnel à un style de vie plus occidental — expérience quasi autobiographique selon son auteur. L’ouvrage trouve difficilement un éditeur, mais connaît par la suite un succès d’estime, notamment critique, couronné par deux importants prix littéraires turcs. La Maison du silence (Sessiz Ev, 1983 — qui reçoit en 1991 le prix de la Découverte européenne dans sa traduction française —), et surtout le Château blanc (Beyaz Kale, 1985), amènent un thème qui va devenir la « marque » d’Orhan Pamuk : le jeu sur les identités et le double. Le Château blanc, son premier livre traduit en anglais, évoque dans une fiction historique située au xviie siècle la relation passionnée entre un esclave vénitien et un intellectuel ottoman. Le Livre noir (Kara Kitap, 1990) a pour toile de fond une Istanbul labyrinthique, enneigée, où un écrivain exilé recherche sa femme disparue et son demi-frère. Marquant une rupture nette avec la tradition de réalisme social de la littérature turque, le Livre noir intègre de nombreuses références à la mystique soufie.

    "Pamuk, Ohran" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2007
    http://fr.encarta.msn.com © 1997-2007 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.

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    Prix NOBEL 2005 - Harold PINTER

    Harold Pinter est né le 10 octobre 1930 dans l’East End, un quartier de Londres qui était à l'époque populaire et industriel. Fils unique de parents juifs (au moment de sa naissance, son père, modeste tailleur, gagne difficilement sa vie), Pinter garde de sa prime jeunesse des images précises (la puanteur d’une usine à savon), mais aussi la marque d’une désorientation angoissée (crise sociale, chômage, montée du nazisme, guerre civile espagnole, campagne antisémite importante en Grande Bretagne).
    En 1940, ses parents quittent Londres pour échapper aux raids aériens allemands. Profondément marqué par le génocide, il refuse en 1948 de faire son service militaire. "A mes yeux, l’idée de réarmement était ridicule. J’étais conscient des souffrances et des horreurs de la guerre et je n’allais, sous aucun prétexte, contribuer à son entretien. J’ai dit non. Et je dirai encore non. C’est encore plus stupide maintenant". Il entreprend alors des études d’art dramatique à Londres.
    Dans les années 1951-1952, il entame une carrière d’acteur, sous le nom de David Baron, publie des poèmes et écrit un roman semi-autobiographique, Les Nains [The Dwarfs].
    C’est en 1957 que sa première pièce, la Chambre [The Room], est représentée à Bristol. Elle attire l’attention d’un producteur de théâtre qui assure la création de sa seconde pièce, l’Anniversaire [The Birthday Party, 1958], à Cambridge, Oxford, puis au Lyric Theatre de Londres. Elle sera retirée de l’affiche au bout d’une semaine. Plus enthousiaste sera l’accueil réservé aux pièces radiophoniques, en particulier Une petite douleur [A Slight Ache, BB., 1959]. Mais le succès lui vient en 1960 avec le Gardien [The Caretaker], la Collection [The Collection, 1961], l’Amant [The Lover, 1963], Tea party puis le Retour [The Homecoming, 1965 ], qu’il adaptera lui-même pour le cinéma quelques années plus tard. Un an après sa création à Londres, la pièce fut créée à Paris en octobre 1966, dans une mise en scène de Claude Régy. Elle réunissait Pierre Brasseur, Claude Rich, Jean Topart, Emmanuelle Riva, YvesArcanel et Jacques Rispal.
    En 1962, Pinter écrit le scénario du film de Joseph Losey, The Servant. C’est encore pour Losey qu’il fera l’adaptation de Accident en 1967 et du Messager [The Go-Between] en 1969. Parallèlement à sa carrière de dramaturge, Pinter exerce des activités de comédien, notamment dans ses propres pièces (il a repris le rôle de Lenny du Retour en 1969). Il a également réalisé un long métrage, tiré de la pièce de Simon Gray, Butley, en 1973.
    Il revient à la scène en 1971 avec C’était hier [Old Times], et depuis 1973 met en scène des pièces créées au National Theatre. Dès lors, il est présent sur tous les fronts : cinéma avec l’adaptation de À la recherche du temps perdu (1972) et de la Femme du lieutenant français (1980), radio et télévision, théâtre avec No Man’s Land (1975), Trahisons [Beytrayal, 1978] The Hot House, (1980), Un pour la route [One for the Road, 1984], Le Nouvel ordre du Monde [New World Order, 1991], La lune se couche [Moonlight, 1993], Ashes to Ashes (1996), Celebration (2000). Il a publié en 1998-99 un recueil de poésies et de textes politiques, Various voices, publié en France en décembre 2000.
    En novembre 2000, le scénario d'À la recherche du temps perdu que Pinter avait écrit en 1972, a été adapté pour le théâtre au Royal National Theatre de Londres dans une mise en scène de Di Trevis sous le titre de Remembrance of last Things. Sa dernière pièce SKETCH Press Conference date de 2002.
    Lauréat de nombreux prix (citons, entre autres, le Laurence Oliver Award en Grande Bretagne ou le Molière d'honneur pour l'ensemble de sa carrière en France), Harold Pinter a écrit 29 pièces et 22 scénarios. Depuis toujours, son engagement politique est très marqué. Il s'est constamment battu pour la liberté d'expression et la défense des droits de l'homme, notamment pendant la dictature de Pinochet au Chili, ou plus récemment en protestant contre les bombardements américains sur l'Irak lors des deux guerres du Golfe.


    © http://www.theatre-contemporain.net/auteurs/pinter/default.asp

    BIBLIOGRAPHIE:

    Pièces de théâtre :

    The Room (La Chambre) (1957)
    Editions Gallimard, 2003 (traduit de l’anglais par Jean Pavans)

    The Birthday Party (L'Anniversaire) (1957)
    Editions Gallimard, 1968 (traduit de l’anglais par Éric Kahane) réedition en 1985

    The Dumb Waiter (Le Monte-plats) (1957)
    Editions Gallimard, 1979 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)

    A Slight Ache
    (Une petite douleur) (1958)
    Editions Gallimard, 1979 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)

    The Hothouse (1958)
    Editions Gallimard, 1987 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)

    The Caretaker (Le Gardien) (1959)
    Editions Gallimard, 1967 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)

    A Night Out (1959)

    Night School (1960)

    The Dwarfs (Les Nains) (1960)
    Editions Gallimard, 2000 (traduit de l’anglais par Alain Delahaye)

    The Collection (La Collection) (1961)
    Editions Gallimard, 1967 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)

    The Lover (L'Amant) (1962)
    Editions Gallimard, 1967 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)

    Tea Party (1964)

    The Homecoming (Le Retour) (1964)
    Editions Gallimard, 1969 (traduit de l’anglais par Éric Kahane) réedition en 1985
    Mise en scène et traduction de Marcel Delval, 2004
    Mise en scène et traduction de Philippe Lüscher, 2005

    The Basement (1966)

    Landscape (Paysage) (1967)
    Editions Gallimard, 1979 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)
    Mise en scène et traduction de Gian Manuel Rau, 2005

    Silence (1968)
    Mise en scène et traduction de Gian Manuel Rau, 2005

    Old Times (Cétait hier) (1970)
    Editions Gallimard, 1971 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)
    Mise en scène et traduction de Gian Manuel Rau, 2005

    Monologue (1972)

    No Man's Land (1974)
    Editions Gallimard, 1979 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)

    Betrayal (Trahison) (1978)
    Editions Gallimard, 1987 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)

    Family Voices (1980)

    Other Places (1982)

    A Kind of Alaska (1982)

    Victoria Station (1982)

    One For The Road (Un pour la route) (1984)
    Editions Gallimard, 1987 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)

    Mountain Language (La Langue de la montagne) (1988)
    Editions Gallimard, 1998 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)

    The New World Order
    (1991)

    Party Time (Une soirée entre amis) (1991)
    Editions Gallimard, 1998 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)

    Moonlight (La Lune se couche) (1993)
    Editions Gallimard, 1998 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)

    Ashes to Ashes (1996)
    Editions Gallimard, 1998 (traduit de l’anglais par Éric Kahane)

    Celebration (1999)
    Editions Gallimard, 2003 (traduit de l’anglais par Jean Pavans)
    Mise en scène et traduction de Roger Planchon, 2005

    Remembrance of Things Past (Le Scénario Proust - A la recherche du temps perdu) (2000)
    Editions Gallimard, 2003 (traduit de l’anglais par Jean Pavans)


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    Pinter: un homme "instransigeant", selon un de ses traducteurs français
    AFP 13.10.05 | 13h52

    Le dramaturge anglais Harold Pinter, 75 ans, Nobel de littérature 2005, est un "homme intransigeant", "farouchement" hostile à la politique américaine en Irak, a dit Jean Pavans, un des traducteurs français.

    "C'est un homme intransigeant qui, par son autorité, peut faire faire peur. Il est profondément humain, fidèle en amitiés. Bien sûr, il impressionne beaucoup", a indiqué à l'AFP cet auteur et traducteur indépendant basé à Montpellier (sud-est).

    "C'est l'auteur de théâtre anglo-saxon le plus influent depuis 50 ans et sans doute qu'au moins une trentaine de ses pièces sont actuellement jouées dans le monde entier", a-t-il estimé en soulignant que "formellement, il est très important".

    Ces dernières années, a-t-il poursuivi, il a délaissé le théâtre pour la politique, adoptant une attitude "farouchement anti-américaniste". Il milite "contre les excès de la politique guerrière américaine et notamment contre la guerre d'Irak et l'attitude de Tony Blair, a dit M. Pavans. "Il s'engage à travers des articles et aussi par une poésie qui, s'attaquant à l'obscénité de la guerre, emploie elle-même un langage obscène", selon lui.

    Après la mort de son traducteur habituel, Eric Kahane, M. Pavans a notamment traduit pour la maison Gallimard "Le scénario Proust", "Célébration" et ses poèmes politiques "La guerre".

    "Bien sûr qu'il n'est pas facile à traduire mais les grands maîtres ne sont jamais vraiment difficiles à traduire: au moins, quand on travaille sur les textes d'un grand, on est sur un terrain solide", a-t-il noté.

    Né en 1930 à Londres, M. Pinter, qui a aussi écrit un roman "Les nains", "est généralement considéré comme le représentant le plus éminent du théâtre dramatique anglais de la seconde moitié du 20ème siècle", a indiqué l'Académie Nobel.

    AFP

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    Prix NOBEL 2004 - Elfriede JELINEK

    pour cet auteur, voici un article du magazine LIRE :

    Elfriede Jelinek prix Nobel

    Lire, novembre 2004

    * «Je déteste l'arrogance des hommes»

    * Née en 1946 à Mürzzuschlag d'un père juif tchèque et d'une mère issue de la haute bourgeoisie autrichienne, Elfriede Jelinek se passionne très jeune pour toutes les formes de création artistique. Après des études de théâtre et d'histoire de l'art, elle obtient son diplôme de fin d'études de musique en 1964 et édite, trois ans plus tard, son premier recueil de poèmes.

    Fréquentant l'avant-garde littéraire et le parti communiste, l'Autrichienne oscille entre l'écriture et la musique. Le grand public la découvre en 1980 avec son roman Les amants, qui suscite la polémique. Autant admirée que décriée à cause de son style brutal et de son univers violent, Jelinek provoque un nouveau scandale en 1988 avec la parution de La pianiste. Elle vient d'obtenir le prix Nobel de littérature, qu'elle ne dédie pas à son pays. Son dernier roman, Avidité, a été traduit au Seuil.

    Le bonheur parfait, selon vous?

    Me permettre des moments de solitude et rester tranquille, au calme.

    Qu'est-ce qui vous fait lever le matin?

    L'idée de me mettre au travail, surtout lorsqu'il me plaît; alors là, ça me donne beaucoup de plaisir. J'aime également me plonger dans des romans policiers ou regarder de mauvaises séries télé, mais il m'arrive aussi d'en aimer de bonnes.

    La dernière fois que vous avez éclaté de rire?

    Je m'en souviens parfaitement: on demandait à notre nouvelle ministre de la Justice, issue de la droite autrichienne (le FPÖ), si, comme l'avait affirmé Jörg Haider, l'Autriche était en train de devenir un Etat policier à la Metternich. Sa réponse: «Je ne peux pas encore dire ça aujourd'hui.» Ça m'a fait hurler de rire, et j'ai même tapé des pieds.

    La dernière fois que vous avez pleuré?

    Hier, lorsque j'ai lu une lettre dans le journal Süddeutsche Zeitung qui disait que si j'étais née plus tôt, je serais devenue kapo.

    Quel est votre principal trait de caractère?

    Je suis très loyale.

    Quel est votre principal défaut?

    L'impatience. Je juge et j'agis souvent trop vite.

    A quelle figure historique vous identifiez-vous?

    Pallas Athéna (mais naturellement, ce n'est pas une figure historique).

    Qui sont vos héros, aujourd'hui?

    Tous ceux qui aiment soigner les malades et les vieux.

    Vos héros de fiction?

    La narratrice du roman de Sylvia Plath, La cloche de détresse.

    Votre voyage préféré?

    Malheureusement, je voyage rarement. Mais Paris a toujours été ma destination préférée.

    Quelle est la qualité que vous préférez chez un homme?

    La douceur.

    Et chez une femme?

    Le sens pratique au sein du foyer.

    Vos écrivains préférés?

    Robert Walser, Franz Kafka, Djuna Barnes, Walter Serner.

    Vos compositeurs préférés?

    Franz Schubert, Alban Berg, Luigi Nono, Olga Neuwirth.

    Vos peintres préférés?

    Vermeer, Pollock, et les plasticiens Mike Kelley et Paul McCarthy.

    Votre chanson préférée?

    Parmi toute l'œuvre de Schubert: Winterreise.

    Votre livre culte?

    L'institut Benjamenta, de Robert Walser.

    Votre couleur préférée?

    Vert.

    Votre boisson préférée?

    Le soda à la framboise.

    Que considérez-vous comme votre plus grande réussite?

    D'avoir soigné jusqu'à sa mort ma vieille mère (97 ans) qui souffrait de graves crises de paranoïa.

    Votre plus grand regret?

    De ne pas avoir bien soigné mon père, lui aussi atteint de maladie mentale.

    Que détestez-vous par-dessus tout?

    L'orgueil et l'arrogance des hommes.

    Votre plus grande peur?

    Les fanatiques.

    Quelle est votre devise préférée?

    Je suis plus effrayée par les autres qu'ils ne le sont par moi.

    Comment aimeriez-vous mourir?

    De façon soudaine et inattendue.

    Rédigez votre épitaphe...

    «La hache dans la maison économise le menuisier» (Schiller).

    Si vous rencontriez Dieu, qu'aimeriez-vous lui dire?

    Salut Dieu! Je suis désolée de ne pas avoir fait ta connaissance plus tôt.

    Ses oeuvres :

    • « Les Exclus » ; 1989
    • « Lust » (1989) ; 1991
    • « Les Amantes » (Die Liebhaberinnen ; 1975) ; 1992
    • « Ce qui arriva quand Nora quitta son mari » (Was geschah, nachdem Nora ihren Mann verlassen hatte ; 1977) ; 1992
    • « Totenauberg » (1991) ; 1994
    • « Méfions-nous de la nature sauvage » (Oh Wildnis, oh Schutz vor ihr ; 1985) ; 1995
    • « La Pianiste » (Die Klavierspielerin ; 1983) ; 1998
    • Désir et permis de conduire ; 1998
    • Maladie ou femmes modernes : comme une pièce (Krankheit oder Moderne Frauen ; 1984) ; 2001
    • « Le travail » (Das Werk) [à propos de l'accident du funiculaire de Kaprun en novembre 2000] ; 2002
    • « Avidité » (Gier ; 2000) ; 2003

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    Prix NOBEL 2003 - John COETZEE

    Coetzee, John (1940- ), romancier sud-africain d’expression afrikaans et anglaise, l’une des figures majeures de la littérature sud-africaine contemporaine.

    Né au Cap, d’un père avocat et d’une mère institutrice tous deux anglophones, John Michael Coetzee fait ses études à l’université du Cap, puis à celle d’Austin, au Texas. Il en sort docteur en littérature en 1965, puis devient universitaire.

    Jusqu’à une époque récente, ses romans, pour la plupart, traitent sur le mode allégorique de la question de l’apartheid, en analysent les effets sur l’individu et la société, et tentent de l’inscrire dans une interrogation plus générale sur le pouvoir et sur ses formes d’oppression à travers les siècles. Peu d’écrivains sud-africains ont réussi à trouver un tel équilibre entre l’appel à la justice et les nécessités techniques et esthétiques du roman. Coetzee reste, en effet, avant tout un orfèvre de la langue et du style, qui analyse et subvertit le roman traditionnel. Son récit, Michael K, sa vie, son temps (The Life and Times of Michael K, 1983), qui conte l’itinéraire physique et intérieur, dans un pays en guerre, d’un combattant de la liberté, a obtenu le Booker Prize, la plus haute distinction littéraire au Royaume-Uni.

    Ses autres romans publiés avant la fin du régime de l’apartheid sont : Terres de crépuscule (Dusklands, 1974), Au cœur de ce pays (In the Heart of the Country, 1977), En attendant les barbares (Waiting for the Barbarians, 1980), Foe (1986) et l’Âge de fer (Age of Iron, 1990).

    Depuis l’accession à la tête de l’État de Nelson Mandela, en 1994, John Coetzee a, comme beaucoup d’écrivains sud-africains, renouvelé son inspiration, délaissant en partie le terrain de la littérature militante pour restituer ses droits à l’imaginaire. Le Maître de Pétersbourg (The Master of St. Petersburg, 1994) inaugure avec brio cette nouvelle période ; forme de pastiche littéraire, on y voit, en ouverture du roman, un Dostoïevski imaginaire revenir dans le Pétersbourg de 1869 après un exil volontaire à Dresde pour échapper à ses créanciers russes. Coetzee est aussi l’auteur de Scènes de la vie d’un jeune garçon (Boyhood : Scenes from Provincial Life, 1997), un roman autobiographique et de plusieurs recueils d’essais, dont Doubling the Point : Essays and Interviews (1994).

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    Prix NOBEL 2002 - Imre KERTESZ

    Pour cet auteur,  

    voici un article paru dans le magazine LIRE d'avril 2005

    et voici un lien vers un site qui propose une présentation de ses livres :

    http://www.psychanalyse-in-situ.com/livres/nobel2002.html

    Imre Kertész

    par François Busnel
    Lire, avril 2005

    «Après Auschwitz, on ne peut écrire que de la fiction»

    Alors que l'on commémore, partout dans le monde, le soixantième anniversaire de la libération des camps de concentration, il apparaît de plus en plus nécessaire de lire le beau et puissant témoignage du Hongrois Imre Kertész, Prix Nobel de littérature 2002. Son œuvre - seulement six romans traduits en français - dérange par l'optimiste tragique qu'elle dégage. Malgré l'horreur, malgré l'impuissance des mots pour dire l'indicible, Imre Kertész poursuit son travail de mémoire. Dans Le drapeau anglais, recueil de trois récits autobiographiques, il raconte l'insurrection de 1956 à Budapest et sa répression par les chars soviétiques, le retour d'un homme dans une région où d'épouvantables crimes eurent lieu bien des années plus tôt, et un invraisemblable voyage de Budapest à Vienne peu de temps après la chute du mur de Berlin. Ce triptyque mêle questionnement philosophique et travail sur la langue. Il témoigne, surtout, de la distance nécessaire pour donner forme au passé. Kertész est un immense romancier, dont le chef-d'œuvre, Etre sans destin, vient d'être adapté au cinéma par Lajos Koltai (l'ancien assistant du grand cinéaste István Szabó). Ce film, dont Kertész a lui-même signé l'adaptation, permettra peut-être de mieux faire comprendre les phrases et les idées qui choquèrent lors de la parution du livre: «Les camps, ce n'était pas l'enfer», «S'il y a un destin, alors la liberté est impossible».

    Vous vivez aujourd'hui à Berlin et non plus à Budapest où vous avez passé la majeure partie de votre vie. Pourquoi cet exil tardif?
    Imre Kertész.
    C'est en effet un exil mais un exil volontaire et qui ne s'explique pas par un quelconque sentiment de malaise en Hongrie. Je me suis souvent rendu à Berlin et j'ai toujours aimé les moments passés dans cette ville. En 2001, j'y ai effectué un assez long séjour pour écrire mon dernier roman Liquidation1. Magda, ma femme, s'est alors rendu compte que j'étais beaucoup mieux à Berlin pour écrire. J'y ai donc loué un appartement. J'aime les grandes villes, le cosmopolitisme. Mais comme je n'avais pas de passeport, il m'était totalement impossible de quitter la Hongrie, du moins jusqu'à la chute du régime communiste.

    Cela dit, il y a une autre raison: je suis depuis longtemps traducteur, et je traduis de l'allemand vers le hongrois, si bien que, dans un sens, ma vocation littéraire est née à Berlin. La langue allemande a souvent joué, dans ma vie, le rôle de passeur. S'installer à Berlin était devenu une évidence. Si l'on y réfléchit bien, ceci est valable pour beaucoup d'écrivains. Songeons à Kierkegaard ou à Tolstoï... Comme eux, beaucoup d'écrivains ont pu être lus dans le monde entier parce qu'ils avaient été traduits en allemand. Tel fut mon cas: j'ai commencé à être lu à l'étranger lorsque j'ai été traduit en langue allemande. Je ressens donc une forme de reconnaissance pour l'allemand.

    Vraiment? Pourtant Berlin fut jadis la capitale du IIIe Reich...
    I.K.
    J'y pense. Parfois. Oui, je pense parfois au passé nazi lorsque je me promène à Berlin et c'est très dur. Il y a là un paradoxe, j'en conviens. Mais c'est en Allemagne que j'ai ressenti pour la première fois ce sentiment que j'avais une mission ou une tâche importante à accomplir en tant qu'écrivain. J'ai reçu beaucoup de lettres de lecteurs allemands après la publication de mes livres. L'accueil qui leur a été fait fut excellent, ce qui est une raison supplémentaire de rester. Je suis désolé de ne pas parler français car c'est la langue littéraire par excellence. Vous rendez-vous compte de la chance que vous avez d'être français? C'est une langue merveilleuse qui a produit les plus grands écrivains! Malheureusement, je n'ai découvert les écrivains français qu'en allemand. Ils n'étaient pas traduits en hongrois, dans les années 1940-1960, et il fallait donc apprendre l'allemand pour apprendre le monde.

    La Hongrie réagit-elle mieux à votre œuvre aujourd'hui qu'il y a trente ans, lorsque, à sa parution, Etre sans destin vous mit au ban de la société littéraire pour avoir osé parler ainsi des camps de concentration?
    I.K.
    Quand j'ai publié Etre sans destin, en 1975, l'accueil fut terrible, en effet. J'ai raconté cela dans Le refus, le deuxième volet de ce que j'appelle un peu pompeusement - parce qu'un journaliste me l'a suggéré un jour - la tétralogie de Etre sans destin2. A l'époque, la question des camps de concentration restait un sujet tabou. Lorsque j'ai commencé à écrire Etre sans destin, en 1961, j'ai effectué des recherches sur l'Holocauste car je ne voulais pas me limiter à ma seule expérience des camps: je n'ai rien trouvé. Songez que le procès, à Jérusalem en 1961, d'Adolf Eichmann, qui commanda le camp d'Auschwitz où j'ai été déporté, ne fit l'objet que d'un petit entrefilet dans la presse hongroise! Et j'ai découvert, par un entrefilet également, l'existence d'un livre écrit par une femme sur ce procès. Il s'agissait d'Hannah Arendt. Mais lorsque j'ai cherché à me procurer le livre, ce fut impossible: il n'était pas traduit et introuvable dans une autre langue. J'ai dû attendre la chute du mur de Berlin pour lire Eichmann à Jérusalem... En 1975, les mentalités n'avaient guère évolué sur ce sujet. Mais je ne peux répondre à votre question de façon évidente, claire et nette...

    Disons que lorsque vous avez reçu le prix Nobel de littérature, il y a trois ans, un vif débat s'est engagé en Hongrie. Avez-vous été blessé par certaines attaques?
    I.K.
    Il y eut en effet de violentes protestations venant du milieu intellectuel. Quant aux autres, ceux qui ne fréquentent pas ce petit monde, ils ont considéré ce Nobel comme si la Hongrie venait de gagner une médaille aux Jeux olympiques... Il m'est pénible de revenir sur ce débat. Mais je vois le bon côté des choses: j'étais un écrivain confidentiel, lu seulement par quelques-uns, et après le Nobel mes livres se sont vendus à plus de 400 000 exemplaires, ce qui est un chiffre considérable pour un pays comme la Hongrie.

    Vous semblez regretter l'époque où vous n'étiez pas populaire...
    I.K.
    Disons que j'étais lu par quelques poignées de fidèles mais qui me lisaient bien... C'était pas mal comme cela. Aujourd'hui, après le prix Nobel, il y a le film de Lajos Koltai, Fateless: en trois semaines, 200 000 personnes ont vu ce film. Du point de vue des chiffres, c'est-à-dire de la diffusion de mes œuvres, j'ai tout pour être heureux, non?

    Cela ne semble pas vous satisfaire...
    I.K.
    Il le faut, pourtant.

    Pourquoi avez-vous souhaité adapter vous-même, trente ans après, Etre sans destin?
    I.K.
    Je n'ai pas voulu, au début, que l'on tire un film de mon roman. Longtemps, je me suis opposé à toute forme d'adaptation. Puis des événements se sont produits auxquels je n'ai pu résister. Assez rapidement, j'ai compris que mon livre ne m'appartenait plus, que je ne pouvais plus m'opposer à ce qu'il soit acheté par des producteurs de cinéma et porté à l'écran. Un scénariste s'est alors attelé à écrire un synopsis que l'on m'a soumis. Ce n'était pas du tout ce que j'imaginais. Il n'avait rien compris à l'esprit de mon projet littéraire, c'est-à-dire à la question du temps, qui est fondamentale dans l'itinéraire de mon héros, un jeune garçon qui est arrêté, déporté et vivra dans les camps de concentration. Sous sa plume, mon roman était devenu l'histoire d'un violoniste new-yorkais, très riche, qui débarque un beau jour à Budapest et se souvient, par flash-back, de tout ce qu'il a vécu cinquante ans auparavant. Ce scénario était inacceptable car tout mon livre repose sur une linéarité du propos. Petit à petit je suis devenu ami avec le metteur en scène, qui est un ancien collaborateur de István Szabó. C'est lui qui a fini par me proposer d'adapter moi-même le roman. Mais il avait compris, lui, que la question fondamentale que pose Etre sans destin est la suivante: à qui appartient le temps? Dans cette histoire, le temps n'appartient pas au personnage mais aux bourreaux. D'un autre côté, il m'a fallu accepter qu'un film soit un projet tout à fait différent d'un roman. La force du livre est, me semble-t-il, sa langue. J'ai mis quinze ans à écrire Etre sans destin, mais moins parce que les faits racontés dans ce livre peuvent correspondre, d'une certaine façon, à ce que j'avais moi-même vécu dans les camps de concentration que parce qu'il me fallait trouver un temps narratif bien particulier. Ce fut un travail très long. La langue créait une distance vis-à-vis des événements, et c'est ce qui me semblait indispensable pour raconter cette histoire. Au cinéma, au contraire, tout est incarné: chaque plan, chaque couleur, est incarné par l'image et la musique, ce qui risque de dénaturer un roman tel que celui que j'avais écrit. C'est pour cela que j'ai accepté: pour essayer de faire autre chose, certes, mais qui n'abolisse pas le travail accompli sur le temps grâce à la langue. Faire avec mon texte ce que l'on pouvait faire avec un film, mais c'est forcément autre chose. Et j'avais envie de travailler sur le sujet de la perte de la personnalité: le film montre comment un enfant de quatorze ans perd peu à peu sa personnalité naissante dans les camps. En me mettant à écrire le scénario de ce film, je me suis davantage souvenu du roman que des événements que j'ai vécus.

    Comment cela?
    I.K.
    L'écrivain a un autre rapport à la réalité que celui qui n'écrit pas. La réalité est comme dans un processus de digestion: je l'accueille comme un matériau et je la transforme en autre chose, en l'occurrence ce roman, Etre sans destin. Après avoir publié mon roman, je ne pensais déjà plus autant qu'avant à mon expérience dans les camps: elle était devenue celle de mon personnage. Eh bien, il en va de même pour l'adaptation: en écrivant ce scénario, trente ans après le roman, je me suis moi-même transformé à nouveau et dorénavant la réalité me semble être celle du roman, qui représente à mes yeux la seule trace de ce que j'ai vécu. Mais écrire ce scénario ne m'a pas touché de la même façon qu'écrire le roman. Ce fut beaucoup moins difficile. J'ai accompli ce travail de façon professionnelle, sans état d'âme: j'ai essayé de transformer le questionnement fondamental et le sens profond d'un roman en un film. Mais je me suis heurté à un autre problème, celui d'écrire un film après Shoah, de Claude Lanzmann.

    En quoi est-ce un problème?
    I.K.
    Shoah nous confronte à la question de l'authentique. C'est un immense monument cinématographique, dans le genre documentaire. Dans ce film, qui est un chef-d'œuvre, il y avait comme un accord implicite qui était de ne montrer aucun camp. Jamais. La grande question, depuis Shoah, est: faut-il ou non montrer des scènes de camp? Nous ne voulions pas faire un film sur l'Holocauste. Il y a en a, et des mauvais. Non, ce film est très fidèle au livre dans la mesure où il s'agit de l'itinéraire d'une âme qui traverse, à un moment donné, un camp de concentration. Il y a eu d'autres exemples, précédemment: La liste de Schindler, de Steven Spielberg, qui me semble très mauvais car c'est un film démonstratif sur l'Holocauste; ou, au contraire, La vie est belle, de Roberto Benigni, que j'estime beaucoup. Mais Benigni appartient à une autre génération, qui n'a pas connu les camps. Moi, j'appartiens à la dernière génération des survivants, celle de ceux qui avaient quatorze-quinze ans lorsqu'ils furent déportés, et j'ai pris la décision de raconter ce qui se passait vraiment dans un camp de concentration.

    Mais le film de Benigni, La vie est belle, avait déclenché une sacrée polémique lors de sa sortie: beaucoup ont été choqués et ont dénoncé l'hédonisme un peu naïf du film, qui semblait très éloigné de la réalité - supposée? - des camps. Or, il est vrai que la vision de Benigni n'est guère éloignée de la vôtre, à cela près que vous, vous avez été déporté et que vous connaissez la réalité des camps...
    I.K.
    Oui, cette polémique s'est également étendue à l'Allemagne et à la Hongrie. Il s'agit d'un très mauvais procès. J'ai écrit, à l'époque, un long article à propos de ce film que j'ai intitulé: «A qui appartient Auschwitz?» La question posée par les détracteurs du film était: a-t-on le droit d'aimer un tel film? Mais oui, bien sûr! D'autres ont demandé si l'on avait le droit de faire de l'humour et d'utiliser la forme du conte pour parler de l'Holocauste. Encore une fois: mais oui, bien sûr! La notion de jeu était capitale dans le quotidien des camps. Et lorsque Benigni utilise, dans une scène finale, le mot «victoire», on sent qu'il s'agit en réalité d'une défaite. Ce qui est absurde, c'est de poser la survie comme une victoire, ce que fait Spielberg dans La liste de Schindler.

    En quoi survivre aux camps ne constitue-t-il pas une victoire?
    I.K.
    On ne survit jamais aux camps. Ils sont là pour toujours. Pour survivre aux camps, il fallait traverser l'enfer. Et en enfer, on se salit! Les véritables innocents sont ceux qui sont morts. C'est pourquoi je dis que Spielberg a une vision simpliste de l'histoire lorsqu'il présente ceux qui ne sont pas morts pendant leur captivité comme des victorieux. C'est absurde. Il n'y a aucune victoire possible dans le système concentrationnaire. Chez Benigni, le mot «victoire» est prononcé par un adulte qui sait qu'il a perdu.

    Comment vous situez-vous par rapport aux récits d'Elie Wiesel ou de Primo Levi?
    I.K.
    J'ai lu La nuit, d'Elie Wiesel, il y a très peu de temps seulement, puisque le livre, écrit en 1960, était introuvable en Hongrie. En le lisant, j'ai eu un choc: j'ai découvert que nous étions ensemble à Buchenwald. Wiesel m'impressionne beaucoup. Pour Primo Levi, c'est différent. Il n'est pas assez radical. Je veux dire qu'il ne se départ jamais d'une vision humaniste des choses qui m'est totalement étrangère. Mais le grand écrivain des camps est, pour moi, un Français: Jean Améry3. C'est lui qui est allé le plus loin, surtout dans Par-delà le crime et le châtiment. Il faut absolument lire sa correspondance avec Primo Levi: Améry dit l'essentiel. Personne n'a été aussi loin dans la façon de penser le système concentrationnaire.

    Justement, votre façon à vous de penser le système concentrationnaire est parfois déconcertante. Que voulez-vous dire lorsque vous écrivez «les camps, ce n'était pas l'enfer», ou bien qu'il existait une certaine forme de bonheur dans les camps?
    I.K.
    Le paradoxe fait partie du mythe de l'Holocauste. Quand le narrateur parle du bonheur, le lecteur ne peut penser une seule seconde qu'il puisse s'agir du bonheur que lui, lecteur, peut connaître. Mais une certaine forme de bonheur existait, dans les camps, oui: quand nous ressentions la chaleur d'un rayon de soleil, lorsqu'une aube magnifique se levait sur le camp... C'était un bonheur végétatif: obtenir la permission de rester allongé, ne pas être battu, avoir la permission de manger, ne pas se sentir affamé, être saisi par le souvenir d'une belle journée à la maison... A chaque fois que ce système, fondé sur la destruction de l'individu, marquait une pause, je ressentais du «bonheur». Et j'en ressentais également lorsque je faisais cette expérience très intense de me sentir plus proche de la mort que de la vie: dans ces moments-là, vous oubliez tout ce qui vous entoure, y compris les SS, il n'y a plus que vous et la mort, face à face. Voilà de quoi il était question. C'était à la fois terrible et heureux. Mais ce bonheur-là est pire que tous les malheurs, et c'est ce que j'ai voulu montrer à travers les scènes de mon roman. Il est peut-être pire de dire que l'on a ressenti du bonheur que de montrer en détail les horreurs qui se sont déroulées dans un camp. Ce mot, «bonheur», fait l'objet d'une question récurrente lorsque l'on s'interroge sur les camps. Le cinéma peut rendre compte de ce «bonheur» mieux qu'un documentaire: lorsque l'on regarde un documentaire, on peut toujours s'arrêter parce que les images sont trop dures et trop cruelles. Dans un film, on s'identifie à un héros et, ainsi, on se laisse plus facilement emporter. Lajos Koltai n'a pas cherché à truquer: il a fait reconstruire en Hongrie le camp de Buchenwald et a laissé une grande place à la beauté de la nature qui entourait le camp sans jamais rien cacher de la brutalité propre à la vie quotidienne dans le camp. Cela fait donc ressortir l'absurdité de ce sentiment de «bonheur». J'ajoute que ce sentiment de «bonheur», transporté à l'écran, permet également de ne pas tomber dans le sentimentalisme kitsch de La liste de Schindler, de Spielberg, par exemple. Mais il faut aussi se rappeler que les mots, dans un roman, ne disent pas vraiment la même chose que dans la vie habituelle.

    Que voulez-vous dire par là?
    I.K.
    Prenons l'exemple du mot «bonheur» dans Etre sans destin: ce mot arrive dans le roman comme une espèce de révolte. Dès le début, son apparition est programmée, et petit à petit il éclate comme un scandale. Par rapport à la survie, il est vrai qu'à la fin du film de Spielberg on voit l'image des survivants qui marchent en pleine lumière vers ce qui est présenté comme leur avenir. Ça peut être beau quand on réinvente les camps. Mais pas quand on connaît le prix à payer pour qui est sorti des camps et a survécu.

    Ce garçon, Koves, est-ce Kertész? Pour le dire autrement, Etre sans destin est-il un roman autobiographique?
    I.K.
    En hongrois, Koves signifie «celui qui ressemble, dans son caractère, à des pierres». Oui, bien sûr que c'est moi. Mais dans quel sens? Moi aussi, je suis un Koves... une pierre. Mais je ne suis pas le garçon du roman, ni celui que j'ai mis en scène.

    Mais vous disiez que le film ne ressemble pas au roman, lui-même différent de ce que vous avez vécu à Auschwitz. La réalité de ce que vous avez vécu à Auschwitz, qui la connaîtra un jour si tout ce que vous créez en est différent.
    I.K.
    Personne.

    Pourquoi?
    I.K.
    La langue est limitée, par sa propre nature. Et cette limite est infranchissable. Celui qui veut vraiment dire ce qui s'est passé à Auschwitz, on ne le comprendra pas. Et il risque, de plus, de tronquer l'histoire. Dans le film de Lanzmann, Shoah, apparaît un personnage qui travailla dans les Sonderkommandos. Grâce au talent de l'intervieweur, il raconte un peu, mais il se mure dans son silence, et c'est dans ce silence que l'on sent l'abîme de ce que vous appelez la réalité. Mais écrire un roman réaliste sur Auschwitz me semble impossible et je souhaite que cela ne devienne jamais un genre littéraire.

    Pourtant, on a le sentiment, à vous lire, que vous êtes l'anti-Adorno par excellence: au lieu de clamer qu'après Auschwitz on ne peut plus écrire de poésie, vous semblez dire l'inverse...
    I.K.
    En effet, je suis résolument contre la phrase d'Adorno. Après Auschwitz, on ne peut écrire que de la fiction. Mais pas de la fiction réaliste. Adorno n'a pas été très loin dans sa réflexion: comment peut-on imaginer que l'art puisse faire abstraction d'un tel événement historique, d'une telle tragédie? D'un autre côté, il serait absurde d'imaginer qu'un poète qui ressent le besoin d'écrire sur Auschwitz ne répondrait pas aussi à une exigence esthétique. Il y a une esthétique d'Auschwitz.

    Quelle est-elle?
    I.K.
    Il faut écrire un roman qui blesse le lecteur. Ecrire un témoignage brut est impossible, car toujours faux. Ecrire un roman qui ne blesserait pas le lecteur serait honteux. Moi, ma technique tend vers cela. Je lui épargne les pires atrocités, mais je veux le blesser quand même.

    Cela signifie-t-il qu'un écrivain doit prendre en charge les tragédies du monde, écrire sur les événements de son temps?
    I.K.
    Je ne veux pas généraliser. C'est une question que chaque écrivain doit se poser et régler en son âme et conscience. En ce qui me concerne, je n'ai pas l'impression d'être proche d'une quelconque littérature engagée. L'écriture est une affaire privée. Je n'écris pas pour prendre parti pour quelqu'un, qu'il soit ouvrier ou roi. Ce genre-là ne m'intéresse pas et me semble toujours faux. J'écris pour assouvir le besoin de moi-même et non pour me faire le porte-parole des uns ou des autres.

    Le drapeau anglais raconte l'écrasement par les chars soviétiques de l'insurrection de 1956 à Budapest. Comment avez-vous vécu ces journées?
    I.K.
    Le noyau de cette nouvelle est effectivement authentique. J'ai vu une Jeep surgir avec un drapeau anglais sur le capot. J'étais au Centre culturel italien de Budapest, face à la station de radio où eurent lieu les événements militaires. Mais je ne veux pas raconter cette histoire autrement que de la manière dont je l'ai fait dans cette nouvelle, c'est-à-dire sans tenter le réalisme historique mais dans un processus littéraire. Je préfère que vous lisiez cette nouvelle, plutôt courte. A travers cette histoire, j'ai voulu montrer comment la colonne vertébrale d'un peuple fut brisée. A force de toujours se nier soi-même. Tout se passe comme s'il existait une loi qui exige que l'on finisse toujours par ne plus être soi-même. Aujourd'hui, la nouvelle génération n'arrive pas du tout à comprendre ce processus.

    La Hongrie a été de dictature en dictature tout au long du XXe siècle. Quel est l'avenir de votre pays?
    I.K.
    C'est une question difficile. Après quarante ans d'occupation soviétique, la Hongrie est laminée. Ce ne fut pas seulement une occupation militaire mais cela a totalement bouleversé les structures sociales hongroises. La bourgeoisie et les traditions furent éradiquées par deux fois, d'abord dans les années 1950. C'était le même principe que le nazisme: Goebbels disait: «Qui est Juif? C'est moi qui le décide!», les communistes disaient: «Qui est bourgeois? C'est nous qui le décidons!» Le résultat de cette politique fut de détruire toutes les traditions en même temps que la fameuse «classe bourgeoise». C'est une très grande catastrophe: une société sans tradition oublie tout. En 1956, l'insurrection aurait pu être la base d'une nouvelle démocratie. Cet échec fut une tragédie dont la Hongrie aura bien du mal à se relever, même cinquante ans plus tard. Aujourd'hui, je vois de nombreux signes en Hongrie, mais en l'absence d'une vraie difficulté, d'un adversaire déclaré, il me semble difficile d'aller vers une démocratie totale. Le paradoxe est le suivant: il nous faut des ennemis pour nous révéler à nous-mêmes. Et puis, il faut dire que l'entrée de la Hongrie dans l'Europe s'est faite à une période qui n'était pas très bonne pour l'Europe elle-même: en pleine guerre des Balkans, avec le 11 Septembre qui a bouleversé la donne, la période était difficile. Mais il y a aussi autre chose qui entrave l'avènement d'une véritable démocratie en Hongrie, c'est la nostalgie de la période d'avant, où l'on ne donnait rien et où l'on attendait tout de l'Etat. Le résultat est que l'on a perdu le sens de la responsabilité pour soi-même. Les dictatures sont toutes les mêmes: elles suppriment le sens de la responsabilité. A long terme, je suis plutôt optimiste, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire.

    Qu'est-ce que le prix Nobel a changé dans votre vie?
    I.K.
    Tout et rien. Ce qui a vraiment changé, c'est que pour une fois on me demande mon avis et l'on cherche à m'interroger sur mes livres! Mais je n'aime guère cela car ça ne rend pas l'écriture très facile. Je sais que l'on a un devoir public lorsque l'on a reçu le Nobel. Mais j'aimerais écrire, seul, davantage. Finir ce que j'ai commencé.

    Dans tous vos livres gît l'espoir de «reconquérir sa vie». Le Nobel vous y a-t-il aidé?
    I.K.
    Non, pas vraiment. Il faut bien autre chose, qui n'a rien à voir avec cette distinction.

    Vous n'avez rien publié depuis le Nobel, en 2002 (Liquidation a été écrit juste avant): à quoi travaillez-vous?
    I.K.
    A une autobiographie. Une véritable autobiographie! Je peux même vous annoncer qu'il y aura deux livres différents. Mais j'écris très lentement. Et j'aime préserver les silences.

    Propos recueillis par François Busnel, traduits de l'allemand par Martina Wachendorff.

    1. Liquidation, Actes Sud, 2004.
    2. La tétralogie de Etre sans destin comprend: Etre sans destin (1975), Le refus (1988), Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas (1990) et Un autre. Chronique d'une métamorphose (1997) Actes Sud.
    3. Par-delà le crime et le châtiment. Essai pour surmonter l'insurmontable, Actes Sud, 1995.

    Posté par fee_gnomene à 12:33 - - Prix NOBEL (Biographies) - Commentaires [0] - Permalien [#]

    Prix NOBEL 2001 - VS. NAIPAUL

    1 PRÉSENTATION

    Naipaul, V. S. (1932- ), romancier et essayiste trinidadien d'origine indienne et de langue anglaise, lauréat du prix Nobel de littérature en 2001, qui pose de façon amère le problème de l'identité culturelle des peuples en voie de développement et du tiers-monde.

    2 « SANS PASSÉ, SANS ANCÊTRES, SANS ATTACHES, SANS RACINES »

    Fils d'un journaliste et nouvelliste indien appartenant à la caste des brahmanes, Vidiadhar Surajprasad Naipaul naît à Chaguanas sur l’île de Trinité où son grand-père, émigré de l’Uttar Pradesh, s’était installé comme ouvrier agricole. En 1950, il quitte Trinité où « rien de grand n’a jamais été créé » pour faire ses études à Oxford, en Angleterre. Après un diplôme de Lettres, il présente pendant plusieurs années l’émission « Voix des Caraïbes » de la BBC et collabore au magazine New Statesman. Partagé entre des racines indiennes lointaines, une île natale (Trinité) et un pays d’exil (l’Angleterre où il réside toujours), le sarcastique et anti-consensuel V.S. Naipaul aime à dire qu’il est « sans passé, sans ancêtres, sans attaches, sans racines ». Déchiré entre ces trois cultures, il cultive un verbe et une pensée aussi raffinés qu’acerbes où il critique sans concession tant l’Inde de ses ancêtres, la misère postcolonialiste de Trinité que la société et la politique anglaises.

    3 L’ÉCRITURE EN QUÊTE D’IDENTITÉ

    Les premiers romans de V.S. Naipaul parlent de sa terre natale ; il y décrit les quartiers populaires de Trinité où règne la misère culturelle et économique et où la société véhicule des valeurs qui ne sont pas les siennes. Dans cette veine, il publie, en 1957, le Masseur mystique puis, en 1958, le Suffrage d’Elvira et enfin, en 1959, Miguel Street dans lesquelles errent des ombres trinidadiennes aliénées en quête d’identité. Le mélange de satire et d'humour illustre souvent le conflit entre cultures traditionnelles et valeurs contemporaines, un conflit où l'auteur ne privilégie pas le passé au détriment du présent. En 1961, son chef-d'œuvre, Une maison pour M. Biswas raconte l'histoire, inspirée par l'expérience de son père à Trinité, d'un Indien anglicisé qui essaye d'affirmer sa propre identité et d'établir son indépendance au sein d'un milieu créole.

    4 L’INDE BRISÉE

    L’Inde est l’un des fils conducteurs de l’œuvre de Naipaul : l’Inde fascinante et attractive (si riche culturellement), idéalisée dans son enfance, lui offre, lors de son premier séjour sur la terre de ses ancêtres, un visage plus que décevant où l’on peut lire la pauvreté, la surpopulation. Sur ce désenchantement, il publie trois essais : l’Illusion des Ténèbres (1964), l’Inde brisée (1977, critique de la politique de Gandhi) et l’Inde : un million de révoltes (1981, regard sévère sur la vie islamique et indienne moderne). De l’Inde pourtant il tire des valeurs religieuses hindouistes qui lui permettent de saisir cet « idéal » indien après lequel il a toujours couru. Naipaul est très controversé par le monde indien qui ne comprend pas sa vision négative de la terre de ses aïeuls, et son ton conservateur agace tandis que ses convictions hindouistes fermes voire extrémistes sont contestées.

    5 AU CŒUR DU TIERS-MONDE

    Grâce à ses nombreux voyages à travers le monde, il ouvre sa littérature à d’autres horizons avec une plume d’autant plus libre et dérangeante. Il condamne notamment les effets du colonialisme et la montée des nationalismes dans les pays du tiers-monde avec notamment Guerilleros (1975) qui relate les aventures d'un prétendu révolutionnaire antillais qui se laisse fasciner par la civilisation de l'argent. À la courbe du fleuve (1979) raconte la quête d'identité et l'échec de toute une nation africaine qui vient d'acquérir récemment son indépendance et ne parvient pas à construire sa liberté nouvelle.

    6 « LE ROMAN EST MORT »

    Des années 1980 aux années 2000, Naipaul abandonne la forme romanesque, préférant le reportage, la confession. Polémiste, il s’attaque à l’intégrisme islamiste (Crépuscule sur l’islam, 1981 ; Jusqu’au bout de la foi, 1998) et énonce des positions clairement anti-tiers-mondistes. Autobiographe, il publie Sacrifices (1982), l'Énigme de l'arrivée (1987), Un chemin dans le monde (1994) ou encore un recueil d’essais, Comment je suis devenu écrivain (1999). Si le « roman [semblait] mort », il renaît en 2001 avec la Moitié d’une vie, car « sous cette forme, chacun [peut] lire son propre livre ». Naipaul qui a été anobli par la Couronne anglaise en 1990, a reçu de nombreux prix littéraires. Il est lauréat du prix Nobel de littérature en 2001.

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    Prix NOBEL 2000 - Gao XINGJIAN

    1 PRÉSENTATION

    Xingjian, Gao (1940- ), écrivain et peintre français d’origine chinoise.

    2 UN ÉCRIVAIN « INDÉSIRABLE »

    Né à Ganzhou (Jiangxi, Chine), Gao Xingjian est le fils d’une actrice. Passionné de théâtre dès son enfance, il obtient un diplôme de français à l’Institut des langues étrangères de Pékin. Il traduit alors en chinois des auteurs tels que Ionesco, Prévert et Michaux, faisant découvrir la littérature contemporaine occidentale et son esthétique — du flux de conscience à l’absurde — au public de son pays. Le premier de ses ouvrages théoriques (Premier essai sur l’art du roman moderne, 1981), qui va à l’encontre du réalisme révolutionnaire prôné par le régime communiste, fait de lui un intellectuel indésirable. Pendant la Révolution culturelle, il est envoyé dans des camps et doit brûler ses manuscrits. En 1988, il s’exile en France et y obtient le statut de réfugié politique. Sa pièce la Fuite (1989), révolte contre la répression et les événements de Tian’anmen, provoque bientôt la censure de ses œuvres en Chine. Il acquiert la nationalité française en 1998.

    3 UN ARTISTE INDÉPENDANT ET ÉCLECTIQUE

    Romancier, nouvelliste (Une canne à pêche pour mon grand-père, 1988), dramaturge et metteur en scène, cet écrivain éclectique donne avant tout pour mission à la littérature d’être « l’art de la langue », loin de toute mission politique ou sociale. La Montagne de l’âme (1990), son œuvre la plus marquante, rythmée de phrases souvent brèves dues à la langue chinoise, en atteste. Ce vaste roman écrit de 1982 à 1989 raconte la Chine en un voyage initiatique, depuis les traces légendaires jusqu’à la modernité, le narrateur traditionnel s’effaçant jusqu’à n’être plus que « je », « tu » ou « il ». Le Livre d’un homme seul (1999), à la fois roman et témoignage, montre combien un système totalitaire peut être destructeur pour l’être humain.

    Gao Xingjian a écrit de nombreuses pièces de théâtre (Arrêt de bus, 1983 ; l’Autre Rive, 1986), dont certaines directement en français (Au bord de la vie, 1991).

    Son œuvre picturale est empreinte de tradition chinoise. Ses paysages à l’encre (Une autre esthétique, 2000) mettent en espace une géographie intérieure qui efface les limites entre figuratif et abstrait.

    Le prix Nobel de littérature lui a été décerné en 2000.

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