Pour cette trilogie écrite par Boris Cyrulnik, je vous mets ce que j'ai trouvé sur le site de la Fnac. Mon opinion concernant ces 3 livres est qu'ils sont nécessaires pour tout le monde. On comprend mieux comment l'homme se construit, se reconstruit, comment un psychisme peut se réparer et se reconstruire afin de continuer à vivre.

j'avais commencé par "les vilains petits canards" et c'est un livre qui m'a beaucoup touchée. On ne peut pas résumer un livre de psychologie mais je le conseille vraiment à tous ceux qui ont une souffrance en eux, et aux autres aussi bien sûr.

Boris Cyrulnik écrit de façon claire et compréhensive

Un merveilleux malheur de Boris CYRULNIK

Quatrième de couverture : "La résilience, c'est plus que résister, c'est aussi apprendre à vivre." En s'intéressant aux mécanismes de défense qui permettent à un enfant de surmonter des traumatismes considérables et de se construire en tant qu'individu, Boris Cyrulnik développe une réflexion primordiale sur la complexité des processus de réparation de la souffrance et du malheur.

Les vilains petits canards, de Boris Cyrulnik

Ce livre est la suite de Un merveilleux malheur, Boris Cyrulnik y poursuit son étude de la résilience, cette aptitude que nous avons de pouvoir nous remettre de nos blessures.

Quatrième de couverture : Maria Callas, " la divine ", la voix du siècle s'il ne devait en rester qu'une, fut une petite fille dépérissant de carences affectives dans un dépôt d'enfants immigrés de New York... Barbara, meurtrie par un viol paternel et persécutée pendant la guerre, a su chanter sa vie et chacun la fredonne... Georges Brassens, mauvais garçon, dut à son professeur de troisième la découverte de la poésie qui donna une autre issue à sa révolte... Ces cas de résilience sont célèbres.
Mais Boris Cyrulnik décrit ici ce que pourrait être chacun d'entre nous. Il nous montre comment ce processus se met en place dès la petite enfance, avec le tricotage des liens affectifs puis l'expression des émotions.

Boris Cyrulnik : Interview (Fnac) :

Qu'est-ce qui vous a conduit initialement à travailler sur la résilience ?
Je me suis toujours demandé comment il était possible de réintégrer le monde des humains de redevenir humain malgré une cascade de traumatismes, parce qu'il est rare qu'un traumatisme soit isolé. J'ai fait ensuite de l'éthologie, pendant une trentaine d'années, avec cette optique en tête des enfants privés d'affection ou des enfants maltraités. En 1990, j'ai lu un article de John Bowlby, qui était président de la Société britannique de psychanalyse et qui avait écrit un livre sur l'attachement en éthologie. Dans cet article, il disait que nous autres éthologues avons une formation à l'observation en direct grâce à l'éthologie, que nous avons une formation à l'observation du monde intérieur grâce à la psychanalyse, et que nous sommes donc les mieux formés pour travailler sur la résilience. C'était la première fois que je voyais ce mot écrit alors que je travaillais au concept depuis toujours. Je me suis dit voilà, c'est un concept pour moi. Et je me suis mis au travail.

Ceux qui ne trouvent pas de tuteurs de résilience sont-ils définitivement condamnés ?

Nous ne nous posons pas la question comme cela. Nous pensons qu'il y a l'imprégnation, dans la mémoire, de ressources internes qui dépendent des structures affectives pré-verbales, c'est-à-dire du style d'attachement qui a été appris à son insu par l'enfant. Ces ressources internes expliquent l'étonnante inégalité des traumatismes. Certains individus sont fracassés par un trauma minime alors que d'autres surmontent des traumas majeurs.

Neurologue, psychiatre et psychanalyste, Boris Cyrulnik a fait de la résilience son principal axe de recherche et est l'un des fondateurs de l'éthologie humaine. Il est notamment l'auteur d'une enquête en trois volets sur la résilience (Un merveilleux malheur, Les Vilains Petits Canards, Le Murmure des fantômes) qui a rencontré un immense succès.

Le murmure des fantômes, de Boris Cyrulnik

« Le Murmure des fantômes » est le 3e volet de l'étude de Boris Cyrulnik sur la résilience. Un grand livre sur le dépassement de la souffrance humaine.

Quatrième de couverture : « Tout traumatisme nous bouscule et nous déroute vers la tragédie. Mais la représentation de l’événement nous donne la possibilité d’en faire le pivot de notre histoire, une sorte d’étoile du Berger qui nous indique la direction. » Faisant suite à Un merveilleux malheur et Les Vilains Petits Canards, Le Murmure des fantômes est le troisième volet de l’enquête menée par Boris Cyrulnik sur la résilience. Centrant son essai sur les pré-adolescents et les adolescents résilients, il démontre que l’école et l’éveil à la sexualité peuvent permettre à un individu de se reconstruire. Une analyse captivante

Boris Cyrulnik - Interview (Fnac)

Neurologue, psychiatre et psychanalyste, Boris Cyrulnik a fait de la résilience son principal axe de recherche. Il est l’un des fondateurs de l’éthologie humaine.

Il s’agit du troisième volet de votre enquête sur la résilience, qu’est-ce qui vous a conduit initialement à travailler sur un tel sujet ?

Je pense que j’ai fait psychiatrie pour ce sujet, c’est-à-dire que je me suis toujours demandé comment il était possible de réintégrer le monde des humains et redevenir humain malgré un traumatisme, malgré une cascade de traumatismes, parce qu’il est rare qu’un traumatisme soit isolé. J’ai fait ensuite de l’éthologie, pendant une trentaine d’années, avec cette optique en tête des enfants privés d’affection ou des enfants maltraités. En 1990, j’ai lu un article de John Bowlby, qui était Président de la société britannique de psychanalyse et qui avait écrit un livre sur l’attachement en éthologie. Dans cet article, il disait, nous autres éthologues, nous avons une formation à l’observation en direct grâce à l’éthologie, et nous avons une formation à l’observation du monde intérieur grâce à la psychanalyse, nous sommes donc les mieux formés pour travailler sur la résilience. C’était la première fois que je voyais ce mot écrit alors que je travaillais au concept depuis toujours. Je me suis dit, voilà, c’est un concept pour moi. Et je me suis mis au travail.

• À quand remontent les premiers travaux d’importance sur la résilience ?

Celle qui a la première proposé la métaphore est Emmy Werner, une psychologue américaine. Elle a commencé un travail d’observation en 1955 et a publié les résultats à partir de 1990-1995 sur 201 enfants qu’elle a suivis à Hawaï. Il s’agissait d’enfants maltraités, isolés, sans école et sans structure sociale, qui auraient dû logiquement mourir, devenir délinquants ou débiles mentaux. Elle a constaté, avec un recul de trente ans, que trente pour cent de ces enfants avaient appris à lire, à écrire, avaient appris un métier, fondé une famille, et étaient psychologiquement tout à fait bien développés. Elle dit donc que ces enfants, malgré une série de traumatismes et malgré des circonstances adverses, se sont bien développés, c’est-à-dire que si l’on avait entouré cette population d’enfants maltraités, abandonnés ou négligés, ce n’est pas un chiffre de trente pour cent que l’on aurait obtenu, c’est soixante, soixante-dix ou quatre-vingts pour cent de bons résultats. Michael Rutter, à Londres, a organisé un groupe de recherche, et John Bowlby a induit cette recherche. Actuellement, je crois que les plus avancés sont les Américains, les Canadiens et les Français. Je participe moi-même au management de plusieurs groupes de recherche en France, en Amérique du Sud, en Amérique du Nord, en Europe centrale, au Maghreb, et tout le monde travaille actuellement ce concept.

• Il s’agit d’un concept très contemporain…

Oui, on y travaille depuis une dizaine d’années seulement en France, au Canada et aux Etats-Unis. Les publications n’ont commencé qu’il y a quatre ou cinq ans.

• À la lecture de cet ouvrage, on comprend que la famille, l’école et la sexualité, peuvent être des tuteurs de développement, mais également la rêverie, l’art et la littérature. On a le sentiment qu’un individu peut trouver ses tuteurs de développement un peu partout…

Les tuteurs de développement se trouvent nécessairement autour d’un enfant sain. Sans tuteur de développement, un enfant sain tombe malade. On l’a bien vu avec les petits Roumains abandonnés dans des soi-disant orphelinats. Ces enfants étaient tous sains biologiquement et neurologiquement. C’est l’environnement, c’est leur milieu qui était malade. Presque aucun de ces enfants n’a pu se développer, ils sont tous devenus malades, atteints par le milieu. Quels que soient sa couleur, sa culture et le niveau socioculturel de ses parents, tout enfant a besoin de mille tuteurs de développement autour de lui pour devenir humain. Le tuteur de résilience, c’est quand un enfant est traumatisé, quand sa mère est malade ou morte, quand lui-même a une maladie grave, ou quand sa société, son groupe humain, est persécuté ou en guerre, etc. Quand un enfant est traumatisé, il peut reprendre un autre type de développement : ce ne sont alors pas des tuteurs de développement mais des tuteurs de résilience qu’il faut utiliser. Il faut utiliser ce qui reste de sain dans l’enfant traumatisé pour lui permettre de reprendre un autre type de développement.

• Les individus qui ne trouvent pas de tuteurs de résilience sont-ils définitivement condamnés ?

Nous ne nous posons pas la question comme cela. Nous pensons qu’il y a l’acquisition, l’imprégnation dans la mémoire, de ressources internes qui dépendent des structures affectives, pré-verbales, c’est-à-dire de l’attachement, du style d’attachement qui a été appris à son insu par l’enfant. Ces ressources internes expliquent l'étonnante inégalité des traumatismes. Certains enfants ou certains adultes sont fracassés par un trauma minime alors que d’autres surmontent des traumas majeurs. Après le traumatisme, il faut que le milieu dispose de tuteurs de résilience autour du blessé pour l’entraîner à reprendre un type de développement. Lorsque ces ressources ne sont pas en place, certains blessés ne peuvent effectivement pas devenir résilients. Soit parce qu’ils ont été trop gravement blessés, soit parce qu’ils n’avaient pas été imprégnés, avant le traumatisme, par les ressources internes dans leur mémoire, dans leur style affectif, soit parce qu’on ne les a pas aidés après le traumatisme. À ce moment-là effectivement, ceux-là restent traumatisés à vie, non résilients parce qu’aucune de ces ressources ne leur a été proposée.

• Vous dites à un moment donné « Il y a des cultures où la résilience n’est pas pensable, puisque l’organisation sociale ne la rend pas possible. » Le monde, tel qu’il évolue, ne risque-t-il pas d’amplifier cette situation ?

L’Organisation mondiale de la santé dit effectivement que les traumatismes, les souffrances traumatiques, sont actuellement énormes et vont encore se développer dans les années à venir à l’échelon mondial, en raison du fracas de la famille et des changements culturels qui dé-ritualisent les rapports entre les humains. L’O.M.S. prévoit le développement de ce genre de souffrances, pour des raisons essentiellement technologiques et politiques. Il y a des pays, en Amérique du Sud, en Afrique ou en Asie, dont l’avenir est fortement compromis à cause du délabrement d’enfants traumatisés, pour lesquels il n’y a pas de tuteurs de résilience proposés par la famille, l’école ou les cultures.

Propos recueillis par Sandrine Fillipetti

La dédicace de l'auteur : Boris Cyrulnik présente "Le murmure des fantômes" (source : Radio-France)

Quand on a été mort et qu'on revient à la vie, on a souvent bien du mal à reprendre une place parmi les vivants. Vous savez comment ils sont avec les revenants : ils les admirent d'avoir triomphé de la mort et les craignent en même temps. C'est ce qui se passe après un traumatisme. On ne peut pas rester mort toute sa vie. Et le retour à l'Humanité n'est pas facile. Alors les survivants, les anciens traumatisés inventent des stratégies relationnelles, psychologiques qui leur permettent peu à peu de s'en sortir. Tout le monde est impliqué dans ce processus de résilience, de reprise d'un développement après la déchirure. Alors, on voit se structurer des personnalités attachantes, poétiques, mystérieuses, créatives, mais parfois instables, lunatiques, silencieuses puis explosives. La structuration psychologique de la résilience explique tous ces adjectifs à cause de l'intellectualisation du déni, du clivage, de la sublimation et de l'humain qui caractérise ces blessés de l'âme devenus résilients. (Boris Cyrulnik)

L'avis de la Fnac sur "Un merveilleux malheur" de Boris Cyrulnik

La majorité des enfants vivant des situations ou dans des conditions extrêmement difficiles en verront leur avenir, leur épanouissement, leur développement compromis. Pourtant, dans une certaine proportion, ils panseront leurs plaies, deviendront des hommes et femmes équilibrés et réussiront leur vie sociale et affective. Comment expliquer cette capacité à se remettre par exemple de la guerre ou de l'inceste, et même parfois à transformer l'horreur en une créativité exceptionnelle?

Neuropsychiatre, fondateur de l'éthologie humaine, l'auteur de Les Nourritures affectives et de L'Ensorcellement du monde utilise deux notions pour répondre à cette question :

la résilience, " capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d'une adversité qui comportent normalement le risque grave d'une issue négative ", et

l'oxymoron, qui " révèle la division intérieure de l'homme blessé, la cohabitation du Ciel et de l'Enfer, le bonheur sur le fil du rasoir ".

En deux chapitres, " L'espoir inattendu " et " Soleils noirs sans mélancolie ", Cyrulnik étudie à partir d'exemples concrets ce mystérieux processus qui fait que l'enfant, qui attend souvent d'être adulte et d'avoir réussi pour révéler rétrospectivement ses exploits et les réflexions et rêves qui l'ont poussé à s'en sortir, surmonte l'insurmontable.