L'amulette de Samarcande (Tome 1 de "La trilogie de Bartiméus") de Jonathan STROUD

En résumé, l’amulette de Samarcande est une amulette qui a l’avantage de protéger celui ou celle qui la porte de tous les mauvais sorts qui peuvent lui être jeté. Elle est la propriété d’un magicien appelé Lovelace (qui pourrait également se nommer Voldemort, tant le parallèle est grand) qui l’a lui-même fait voler à un autre magicien, après l’avoir assassiné.

A la suite d’une forte humiliation que lui a fait subir ce Lovelace, un petit garçon « apprenti magicien », Nathaniel, invoque un « Djinn » pour dérober cette amulette. Le Djinn invoqué rechigne à la tâche car il est quasiment impossible  de réussir cette mission sans perdre la vie.

Le premier tome de cette trilogie met en scène un monde où les gens « normaux » (moldus ?) côtoient les magiciens, sans les voir ni les sentir. Les magiciens n’ont pas le droit d’avoir des enfants et afin de remédier à cette situation « achètent » un enfant humain lorsqu’ils vieillissent, afin de lui apprendre tout ce qu’ils savent et d’en faire leur héritier. A cet effet, l’enfant ainsi récupéré (vers l’âge de 5 ans) doit oublier jusqu’à son prénom afin de protéger ses futurs pouvoirs. C’est ainsi que le petit Nathaniel arrive chez Monsieur et Madame Underwood (ce Underwood étant dans le monde des magiciens ce que l’oncle de Harry est dans le monde des moldus, à savoir un sinistre « crétin »). Il répugne à transmettre sa connaissance à l’enfant qui trouve réconfort auprès de sa femme.

C’est ainsi que pour se venger de Lovelace, il en vient à invoquer le grand Bartiméus et provoque des catastrophes (tortures et assassinats pour le pire et coups de traître pour le mieux).

Le génie Bartiméus va réussir à découvrir le prénom de l’enfant, ce qui lui permet de prendre un ascendant sur le petit magicien et va finir par faire équipe avec l’enfant pour lui sauver la vie.

Dans ce roman, les chapitres alternent entre aux, l’un écrit au nom de Bartimeus, l’autre écrit au nom de Nathaniel. Sous l’écriture de Bartimeus, c’est souvent à pleurer de rire car les notes de bas de page et les réflexions du génie permettent à l’auteur de se moquer d’une société actuelle où chacun veut arriver en écrasant les autres. A l’instar de Montesquieu qui critiquait la société par le biais des lettres que s’échangent 2 persans, ici ce sont les échanges entre Nathaniel et Bartimeus qui sont une critique croustillante de notre société. Je ne peux m’empêcher en lisant le personnage de Bartimeus de penser à la représentation du Génie d’Aladdin par Walt Disney, ce personnage dans lequel on pouvait reconnaître des gens connus (tels Robin Williams, entre autres) et des situations.

Le merveilleux est présent également lorsque l’enfant apprenti magicien doit capturer le gnome dans un miroir, ceci représentant un moyen d’action aussi important que la baguette magique de Harry Potter, ou lorsque Bartimeus voyage dans les airs, sous forme de pigeon ou d’épervier, ou se transforme en superbe créature de rêve, bien roulée et blonde à souhaits !

Curieux personnages cependant que ce génie insolent et sûr de lui (se dit le meilleur…) et ce gamin asocial. L’enfant est assoiffé de pouvoir et de ce fait est un héros curieusement antipathique. Il apprend par lui-même, à travers les livres et se jure à lui-même qu’il deviendra quelqu’un. Il ne pense qu’à lui et n’hésite pas à écraser les autres, provoquant ainsi le meurtre par Lovelace de son maître et de sa femme. Cela fait froid dans le dos quand on pense qu’il a moins de 12 ans car on ne sait pas de quel côté il se rangera alors que l’on sent qu’il est surdoué..

Cependant, il reste en lui un côté humain qui permet de ne pas le détester complètement et surtout pourrait lui permettre de ne pas devenir un pourri dans son futur. Ainsi que le lui conseillera Bartimeus avant de le quitter, seule cette qualité pourrait lutter contre son avidité et son arrivisme.

L’auteur pas ce biais fait un plaidoyer pour la conscience humaine et montre comment cette qualité peut perdre l’humain mais également comment elle peut le sauver.

Un roman à lire sur plusieurs niveaux, tout comme Harry Potter : les adolescents vont adorer et les adultes vont rire et adorer les allusions et critiques du génie.

Bref, un roman très caustique, cynique et drôle qui devrait, avec les tomes suivants représenter une forte concurrence envers Harry Potter ou Bobby Pendragon.

L'Oeil du Golem (Tome 2 de "La trilogie de Bartiméus") de Jonathan STROUD

Dans ce deuxième tome, qui se passe environ 4 ans plus tard, Nathaniel travaille au sein du gouvernement de la magie à Londres. Il est dévoré par l’ambition et n’a aucun ami ; il est devenu le personnage qu’on devinait dans le premier tome : à savoir qu’il utilise tout et tous pour obtenir ce qu’il veut. Cependant, il n’est pas apprécié car très jeune (16 ans) et n’hésitant pas à sacrifier humains et esprits ….

Le seul en qui il puisse avoir confiance, contre son gré, est Bartimeus…. On devine que ça va « péter »…. Et ça pète…. Le djinn est hors de lui en reconnaissant le magicien et le lecteur est mort de rire.

Un deuxième tome qui peut se lire séparément du premier mais quand on a lu le premier, la lecture du deuxième est géniale car les allusions croustillantes et les analyses de Bartimeus sur le mode de vie et les sentiments des humains sont à mourir de rire.

La trilogie de Bartiméus - La porte de Ptolémée La porte de Ptolémée (tome 3 de "la trilogie de Bartimeus")

Cet épilogue de la trilogie est génial ! Nathaniel est ministre au gouvernement de la magie et sa carrière est en danger car non seulement il s'est fait beaucoup d'ennemis mais en plus il est devenu ce que l'on pressentait dans les 2 premiers tomes, à savoir un être rongé de l'intérieur, suffisant et égoïste....

Dans ce tome 3, il va comprendre à ses dépends et trop tard qu'on ne peut se débrouiller seul dans la vie.... il va devoir faire équipe avec le fameux Bartimeus (le djinn est usé et court à sa perte) et une humaine (Kitty) afin d'espérer endiguer la révolte des démons et esprits....

Une histoire passionnante et qui fait réfléchir, une critique à peine voilée du gouvernement et de l'ambition qui fait tout perdre....

Le style de l'auteur est toujours aussi incisif et percutant.... j'ai beaucoup ri car le Djinn Bartimeus est impayable (sachez qu'il peut se transformer à volonté pour apparaître sous l'apparence qu'il veut.... ça rappelle une certaine scène de l'Aladdin de Walt Disney....) ; l'humaine Kitty est touchante dans sa volonté de délivrer le monde de l'emprise des magiciens... de l'utopie à la réalisation de son projet, elle incarne la volonté

Quant à Nathaniel, toujours aussi détestable mais ô combien compréhensible, il tombe de haut et doit user de toute sa force pour accepter certaines choses.

Les thèmes du racisme et de l'oppression sont abordés clairement dans ce 3ème tome et la guerre déclenchée par les esprits n'est pas sans rappeler certains épisodes douloureux de notre histoire.

N'hésitez pas à lire cette trilogie parce qu'elle vaut le détour